Les grandes écoles d'art

-ECOLE DU DANUBE
-DIVISIONNISME
-DRIPPING ou ACTION PAINTING ou encore ECOLE DE NEW YORK
-ECLECTISME
-ABSTRAIT (ART)
-ART NOUVEAU
-AUTOPORTRAIT
-L'ECOLE DE BARBIZON
-CORRENTE
-CUBISME
-DADA
-BAROQUE
-BLAUE REITER (DER) OU LE CAVALIER BLEU
-DIE BRUCKE : En français, «Le pont».
-ECOLE BYZANTINE

 


ECOLE DU DANUBE

Une des dernières expressions de la peinture gothique, s'exprimant en Autriche et en Bavière, à la veille de la Renaissance.
Alterdorfer et Wolf Huber trouvèrent alors un style particulier qui, quelques siècles avant l'école de Barbizon célébrait l'importance
des paysages et du monde végétal dans les compositions picturales. Les états d'âme des humains du tableau sont renforcés
par l'ambiance très romantique du décor dans lequel le peintre les fait évoluer.

Lucas Cranach reste le plus connu sinon le plus étonnant des artistes de cette école qui sut faire entrer dans
le symbole gothique une sensualité ambigüe voire un érotisme à peine dissimulé, derrière la traditionnelle approche noble du sujet.

DIVISIONNISME

Née dans l'impressionnisme, cette théorie a cherché dans les travaux scientifiques de Chevreuil entre autres,
à pousser encore plus loin la reconstitution du jeu de la lumière sur notre perception des couleurs et des valeurs sur le tableau.
Par le jeu du contraste de celles-ci et du mélange optique impressionne sur la rétine du spectateur,
les formes se reconstituaient à une certaine distance.
Nous devons à cette conception de l'art, les chefs-d'œuvre de Signac et surtout d Seurat.
Mais l'aspect technique bloquant souvent la spontanéité de l'inspiration limitera l'influence de cette théorie dans l'évolution de la pensée picturale.

DRIPPING ou ECOLE DE NEW YORK

Technique aussi spectaculaire qu'incontrollable dont Max Ernst fut l'inspirateur dans les beaux jours du dadaïsme dans les années 20.
Après la seconde guerre mondiale, s'inspirant du même effet de surprise Jackson Pollock, aux Etats-Unis, cherchera, en réaction
contre la lenteur de réalisation de la peinture toujours liée à l'esclavage lent du pinceau et
de la toile une réponse à cette rage spontanée de peindre qui selon lui doit animer l'artiste.
Adieu la tradition ! La couleur industrielle, coulant directement de la boîte au rythme de son poignet à travers la toile posée à même le sol,
créera sans équivoque l'inattendu chez l'artiste et a posteriori, pour le spectateur.
Une façon de couper définitivement les ponts entre l'abstraction pure hasardeuse et celle qui n'est en fait qu'une
déformation accentuée d'une réalité figurative dont Nicolas de Staël fut le grand maître.

ECLECTISME

Aujourd'hui, le mot a un sens quelque peu péjoratif qui l'apparente à une grande ouverture d'esprit permettant d'associer ou de comparer,
sous un même angle, la même idée dans des domaines aussi différents que la pensée, la philosophie, l'art ou la littérature.
Il est également synonyme d'une certaine superficialité.
Dans le passé, et depuis plusieurs siècles, cette comparaison permanente apparaissait comme glorieuse.
Ne disait-on pas que le plus grand des artistes serait celui qui aurait été capable de réaliser une toile représentant «Adam et Eve»
dessiné à la manière de Michel Ange, mais colorié par le Titien en ce qui concerne Adam.
On empruntait pour Eve la technique et la douceur de Raphaël dans les couleurs inspirés du Corrège.
Cet éclectisme élevé à la dignité d'école, a servi de règle, au cours du XIXe siècle, à toutes les réalisations académiques officielles.
L'œuvre devait être appréciée par sa ressemblance avec le modèle, le fini scrupuleux, voire léché, de sa technique.
A la limite de la reproduction photographique (en plein essor) son naturalisme discret mais fidèle, a inspiré l'art encensé
des décennies durant, et a été surnommé du vilain et injuste terme d' «art pompier».
Le musée d'Orsay, à Paris, a quelque peu réhabilité ces peintres de la fin du XIXe siècle et les Gérôme,
Bouguereau et autres Meissonnier font, de nouveau, l'admiration de beaucoup.

ABSTRAIT (ART)

Ce mot désigne toute tentative de représentation artistique refusant la réalité visible.
Pour l’artiste, seules la couleur, la ligne ou la forme non identifiables peuvent transmettre son message.
Tout rapport avec la vision traditionnelle des choses est exclue.
Les déformations fauves ou cubistes dans la lignée de Picasso ou de Matisse ne peuvent être qualifiées comme abstraites.
Par contre, comme l'a bien souligné l’historien d'art Michel Seuphor :
«Tout art que l'on doit juger, légitimement, du seul point de vue de l'harmonie, de la composition, de l'ordre ou de la désharmonie,
de la contre composition, du désordre délibéré, est «abstrait».
Dès le début du siècle, Francis Picabia et Wassily Kandinsky prônaient cette nouvelle forme de peinture mais, à peine née,
la nouvelle école éclatait en deux tendances distinctes: l'abstraction géométrique maîtrisée de Malévitch et de Mondrian et
«l'expressionnisme de hasard» où toute technique, même accidentelle comme le «dripping», est assumée à posteriori,
par l'artiste qui reconnaît dans l'inattendu l'expression de ses émotions inconscientes.

ART NOUVEAU

Internationalement plus connu sous le nom de «Jugendstil», ce mouvement d'origine anglaise, malgré son nom allemand,
est une révolte, en ce début de siècle, contre un art officiel pompeux et creux qui sévissait encore dans toute l'Europe.
Le mot anglais «modern style» le représente encore aujourd'hui.
Si les artistes de cette tendance reconnaissaient s'être inspirés de Gauguin et des symbolistes eux-mêmes, fortement influencés
par la révélation des estampes japonaises, ils tentèrent cependant de créer un art bien à eux.
Ce nouveau style, tout en cloisonnements et en courbes trouva un écho favorable dans des revues artistiques fort prisées à l'époque:
«Jugend», «Ver Sacrum», «La Revue Blanche» et les «Yellow Books».
L'internationalisme de cette conception d'un art qui devait influencer la sculpture, l'architecture et le mobilier de la vie courante,
ne résista pas au déclenchement de la première guerre mondiale et à ses conséquences émotionnelles.
L'expressionnisme brutal et l'art abstrait reléguèrent l'art nouveau à une expérience aussi subtile que superficielle.
Mais cette recherche de la beauté inspira des peintres et sculpteurs aussi conséquents que Mucha, Maillol,
Purvis de Chavanne, Hodler et von Hofman, entre autres.

AUTOPORTRAIT

Au XVe siècle, l'artisan peintre accéda au statut d'artiste. Reconnu pour la qualité de sa technique picturale
qui lui permettait de sortir de l'anonymat. Raphaël, dans «L'école d’Athènes» et Dü­rer avec son autoportrait de
«L'homme à la fourrure» revendiquèrent le droit de se faire reconnaître par tous parce que physiquement reconnaissables.
L'autoportrait devient un moyen d'affirmer sa valeur artistique et parallèlement sa position sociale.
On peut rajouter que certains artistes à l'instar de Rembrandt, Goya et Van Gogh s'auto-psychanalysèrent au fil des ans,
se détruisaient physiquement en laissant d'eux-mêmes un témoignage bouleversant.

 L'ECOLE DE BARBIZON

Un petit village, près de Fontainebleau qui, curieusement vers 1830, va jouer un rôle important dans l'évolution de l'art pictural
et de son concurrent l'art photographique, encore à ses premiers balbutiements.
Le réalisme de la vision spontanée de la nature va supplanter les créations héroïques nées dans l'atelier de l'artiste,
et le décor quelque peu négligé dans ces œuvres imaginées va devenir, avec Théodore Rousseau,
Millet et bientôt les impressionnistes, la finalité même du tableau.
Le peintre va poser son chevalet devant les champs et les bois et peindre en plein air quitte d'ailleurs,
comme Corot, à reprendre le thème de son inspiration du moment, dans une finition qui tient plus des souvenirs et d'une nouvelle création.          .

CORRENTE

Comme son nom l'indique, ce mouvement, mieux qu'une école, est italien.
Il se crée à Milan contre la discipline rigoureuse inspirée par les grands thèmes chers au réalisme néo-fasciste de l'époque Mussolinienne,
mais parallèlement réfute ces théories qui prônent un art gratuit, voir abstrait, sans contenu précis, donc éloigné des aspirations du spectateur.
« Nous souhaitons, affirment les peintres qui s'associent à ce mouvement, créer un langage pictural d'inspiration révolutionnaire ...
libre mais responsable l», Assez proche de l'évolution de l'art mexicain prôné par Siqueiros, Orosco, et Rivera,
plus liés par l'inspiration que par leurs techniques fort différentes, les artistes italiens regroupés dans le «Corrente» entre 1938 et 1945
auraient pu s'apparenter au réalisme, au surréel ou au fantastique, voire à l'expressionnisme très en vogue à cette époque.
Renato Guttuso, avec sa «Crucifixion» qui rappelle aussi bien Dali que Picasso et les maîtres de l'expressionnisme allemand,
autrichien et français, reste jusque dans l'après-guerre, le plus spectaculaire de ces peintres qui se veulent libres,
mais conditionnés par l'évolution politique et sociale de leur temps.

CUBISME

L'histoire de ce court mais très important mouvement qui a révolutionné l'évolution de l'art contemporain a été tardivement
attribué à la révolution née des «Demoiselles d'Avignon» peint par un Pablo Picasso qui se démarquait brutalement de sa période rose.
Plus tard, quand le style cubiste, s'était commercialement affirmé les critiques découvrirent ses racines dans la lettre
adressée en 1904 par Cézanne à Emile Bernard, le conspirateur, avec Gauguin du «cloisonnisme».
La nature, écrivait le maître d'Aix, doit se traiter par le cylindre, la sphère, le cône ...
Suivant les théories de la nouvelle école qui brise définitivement avec la tradition les grands volumes se fragmentent en
une série de volumes plus petits qui se regroupant en plans permettent de retrouver avec quelques efforts l'inspiration première.
Qui dit cubisme cite les noms de Braque et Picasso, chacun de ces deux peintres s'en attribuant la paternité mais il ne faut pas négliger,
dans l'évolution de cette école, relativement vite abandonnée par ses créateurs, l'influence de Juan Gris, de La Patellière,
des Delaunay, de Marcoussis, de Villon ou de Marcel Duchamp, de Zupka, d'André Lhote, de Fernand Léger et de Mondrian,
qui assurèrent sa survie jusque dans les années 50.

DADA

N'en déplaise aux Français, ce mouvement intellectuel subversif n'est pas né dans l'univers cartésien de l'octogone francophone.
Le mot «Dada» serait d'origine zurichoise mais inspire par la révolte «made in USA» d'artistes et d'écrivains.
Ceux-ci avaient découvert que la seule façon d'échapper au carcan bourgeois qui avait littéralement bloqué l'évolution de
«l'individu» par des règles de notoriété capitalistique, était de tourner ces mêmes règles en dérision, en se moquant
des pseudo-écoles artistiques ou littéraires pour ne plus accepter que la spontanéité créatrice «donnée par les lois du hasard»,
dixit le sculpteur Arp.
La suggestion va faire école car sa finalité étant la destruction des règles établies, on va bientôt découvrir après le «manifeste»
new-yorkais de l'exposition où Marcel Duchamp, alias Richard Mutt pour la circonstance cherche à exposer un urinoir baptisé
«Fountain», la même volonté de refus à Zurich avec Arp et Janco, à Berlin avec Hulsenbeck, à Cologne où Max Ernst,
adhère au mouvement, puis à Hanovre.
L'art contemporain a rajouté à ses multiples exigences et aspirations le mot «Liberté absolue». Le «dadaïsme»
a joué son rôle dans ces exigences. A tort ou à raison !

BAROQUE

Ce terme a sans doute son origine dans le mot portugais «Barroco», qui désignait une perle si irrégulière qu'elle en devenait agressive.
Certains auteurs le rattachent à l'italien «Barocco» utilisé pour décrire une démonstration de rhétorique si inventive que son habileté en détruit sa logique.
Dès le XVIIIe siècle, le mot baroque a désigné un style pictural qui, bien que s'inspirant des maîtres de la Renaissance italienne,
s'en éloigne par son exubérance et son objectif non dissimulé de choquer par son faste.
L'église, qui en abandonnant la sérénité de l'art gothique tout comme les princes qui souhaitaient affirmer aux yeux de leurs pairs
et de leurs sujets leur puissance et leur richesse, fixèrent les règles d'un art pictural qui devait s'épanouir dans la recherche
du grandiose par une technicité proche de l'illusionnisme.
La virtuosité détrônait la sincérité artistique et l'emphase théâtrale imposait l'allégorie comme base de toute création.
Servie aux Pays-Bas et en France par le talent d'un Rubens, cette conception s'imposera à l'Europe entière.
L'Italie eut son Annibal Carrache et son Pierre de Cortone, éblouissants de technicité.
Un peu plus tardivement, l'Allemagne succombera à cette vision spatiale spectaculaire qui atteindra son apogée au cours du XVIIIe siècle
dans les grandioses réalisations des cours germaniques. Poussin et sa rigueur picturale donneront à l'école Française un style baroque
assagi et plus convainquant qui inspirera le néoclassicisme du siècle à venir.

BLAUE REITER ( DER) OU LE CAVALIER BLEU

«Le Cavalier bleu», nom donné à une association de peintres munichois, créée en 1911, mais s'inspirant par le choix des sujets
et la technique d'une œuvre de Wassily Kandinsky : un portrait de cavalier peint en 1903.
Le catalogue portait le titre «Blaue Reiter» et on y retrouvait le nom de jeunes peintres déjà renommés tel que,
Kan­dinsky, Auguste Macke, Gabrielle Munter, Paul Klee et Robert Delaunay.
Des toiles de Pablo Picasso et de Jean d'Arp figuraient parmi les œuvres retenues, mais il est virtuellement impossible de
retrouver trace des critères de choix de cette sélection plus ou moins confraternelle.
La première guerre mondiale a séparé des artistes qui auraient pu se rencontrer, mais il est évident que cette tentative d'école avortée
a ouvert la voie à la liberté d'expression qui caractérise, en bien et en mal, le monde actuel de l'Art.

«DIE BRUCKE» : En français, «Le pont».

Association fondée en Allemagne, à Dresde par de jeunes architectes pour attirer vers l'art sous toutes ses formes picturale,
architecturales, sculpturale et autres, tous ceux qui se sentaient révolutionnaires et novateurs.
Comme tant d'écoles artistiques de ce début de siècle, «Die Brucke» a explosé dans et par l'agressivité personnelle de ses adhérents.
Et dès 1913, cette association se dissout à Berlin non sans avoir imposé à l'univers artistique l'école expressionniste germanique
qui allait marquer de nombreux artistes de toute origine, paysagistes de talent, obsédés par la relation entre 1'homme et son environnement.
Les peintres de «Die Brucke», de Mueller à Pechstein, de Kichner à Nolde ou à Schmidt-Rottluff, rechercheront avec succès une authenticité brute,
sans artifice, dont le «Brucke Museum» de Berlin témoigne encore de la qualité.

ECOLE BYZANTINE

Peut-on parler en évoquant un art qui, après l'éclatement de l'empire romain séparera deux grandes tendances artistiques dès le IVe siècle.
Si Rome reste le siège des débris de l'Empire d'Occident, Byzance ou Constantinople, au cœur de l'évolution de l'art paléochrétien imposera
une iconographie très stricte qui, après l'évangélisation des tribus germaniques, va influencer, pendant près d'un millénaire,
cet art inspiré par la nouvelle religion d'Etat.
Entre les maîtres de la mosaïque et les peintres d’icônes, s'installa une complicité artistique qui, par des règles strictes,
a figé jusqu'au XVe siècle toute évolution d'un art inspiré par l'alliance de l'Eglise et de l'Etat.
La conquête de Constantinople par les Turcs ottomans en 1439, n'entraîne pas la fin de la peinture.
Dans les monastères, les artistes moines continueront a affirmer leur foi en cet art sacré qui représente, d'après eux, la tradition évangélique.
Tous les pays de chrétienté orthodoxe, Serbie, Russie, Grèce et Bulgarie, resteront fidèles à un style, expression même de leurs convictions religieuses.
Au XXe siècle, semblant mépriser toutes les révolutions qui ont secoué l'univers de l'art, il y a encore, toujours aussi convaincus, des peintres de l'icône.


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